Badaboomblog

février 12, 2009

Loi HADOPI : Pour ou contre ?

p2p

En mars prochain, nos députés auront à voter, à l’Assemblée Nationale, s’ils sont pour ou contre le projet de loi Création et Internet, aussi appelée loi HADOPI, voulu pour lutter contre le « téléchargement illégal ».

A l’approche de ce vote, le débat s’intensifie. Ou plutôt, les frondes contre ce projet se font plus fréquentes et intenses (à voir : La pétition SVM)

Pour rappel, ce projet de loi propose la création d’une autorité administrative indépendante, l’HADOPI, qui aura pour rôle la mise en œuvre d’une « réponse graduée » contre le téléchargement numérique illégal : le titulaire de l’abonnement ayant servi à des échanges illégaux recevra un premier avertissement par courriel, puis un second par lettre recommandée, puis risquera une suspension de son abonnement à Internet.

Je n’ai pas eu l’occasion de me plonger dans la lecture d’un moindre texte officiel relatif à cette loi. Les seules infos que j’ai pu glaner proviennent de la presse ou du Net.
Il me semble néanmoins que la réponse des autorités contre les échanges d’œuvres numériques sans autorisations est, encore une fois, mauvaise.

3 points pour étayer cette position :

1)    Il faudra expliquer comment, en punissant les internautes, on pourra relancer les ventes de CD. Le piratage est-il le seul responsable de la chute de l’industrie du disque ? Ca n’a jamais réellement été démontré.

2)    Une loi autorisant une autorité administrative à juger et empêcher quiconque d’accéder à Internet, est-ce bien constitutionnel, tout ça ? Dans un pays où la volonté présidentielle voudrait que l’accès à Internet soit un droit et que chaque citoyen puisse en jouir, n’est-ce pas paradoxal de vouloir promulguer une loi interdisant cet accès, ce droit ?

3)    Créer une loi d’exception (elle l’est à bien des égards) qui résulterait de la simple constatation de la baisse du chiffre d’affaires des industries culturelles, est-ce bien raisonnable ? Ces industries ont fait pression auprès de l’état pour faire perdurer un modèle commercial qui tend à disparaître (la vente de fichier sur support), alors que, par arrogance, elles n’ont pas voulu s’adapter à de nouveaux usages, à une nouvelle consommation de la culture et à de nouveaux modes de distribution des œuvres de l’esprit.

Nous sommes bien d’accord que la situation liée à l’échange d’informations et de contenus sur le Web n’est peut-être pas idéale pour tous. Mais il n’est pas question que les internautes passent pour des pillards, des pirates coupables de la chute de toute une industrie. C’est d’ailleurs étonnant de remarquer que l’industrie musicale, notamment, n’a jamais été aussi mal, alors que la diversité culturelle n’a jamais été aussi riche.

Bref, un collectif de citoyens, la Quadrature du Net, met en place un dispositif – un peu à l’américaine – pour sensibiliser les députés et les convaincre de l’inefficacité, voir du caractère dangereux de la loi HADOPI.
C’est simple : en mettant à la disposition de chacun les adresses e-mail de tous les députés français, ils estiment, avec une logique implacable, que les députés, élus par les citoyens que nous sommes, doivent nous écouter et prendre en compte nos opinions. A vos stylos, donc.

Sur Read Write Web, un exemple de lettre, pour les plus fainéants.

A suivre en mars … A+ Cyril.

(Pour info, la Quadrature du Net a publié un dossier qui tente de démontrer point par point l’ineptie de la loi HADOPI. Très intéressant)

5 commentaires »

  1. C’est l’un des derniers souffle d’une industrie en declin qui refuse de voir que le monde change. Elle tente par tous les moyens de prolonger son existence et ses revenus, en vain.

    Commentaire par Vince — février 12, 2009 @ 1:16

  2. @ vince : c’est ça, en somme … depuis la fin du Midem (fin janvier 2009), il y a beaucoup de remous : aucune solution viable n’a vraiment été trouvée lors ce cette grand-messe de l’industrie du disque, à part « comment faire pour sauver les ventes de disques ».
    Pourtant, il existe pas mal d’indépendants ou petites structure qui tentent des choses pour s’adapter à un nouveau mode de distribution …
    (n eserait-ce que Gkoot-electronic, le billet précédant …)

    Commentaire par badaboomblog — février 12, 2009 @ 4:54

  3. Il est clair que ces manoeuvres gouvernementales ne servent qu’à préserver cette Insupportable TVA !
    Et oui oui le téléchargement ne rapporte pratiquement rien…
    Alors OK pour la culture on line mais pas n’importe comment comment.
    Attention à ne pas sombrer dans la fast-conso de notre chère lecture et douce musique !

    Et le vynile dans tout cela ?

    Commentaire par ALX — février 15, 2009 @ 4:30

  4. Vive le vinyle !

    Commentaire par badaboomblog — février 15, 2009 @ 11:12

  5. Bonjour à tous,

    Un petit mot pour vous donner mon opinion sur « Mme » Hadopi.

    Partisan de la légalité, je pense qu’il est du devoir de chacun de respecter le choix des Artistes qui décident de vendre leurs musiques, créations. Et je suis le premier à payer un titre si son Artiste a fait le choix de le distribuer via un circuit payant.

    Mais il est clair qu’Internet est un support vecteur d’information aux potentiels illimités et donc très difficilement maîtrisable.

    Et je me scandalise de voir que l’Etat, va dépenser énormément de temps et « d’argent », à mettre en place une politique que je qualifierais d’inapplicable ou de très difficilement applicable. Les musiques sous CreativeCommons, par exemple, sont légalement disponibles sur les réseaux P2P, comment vont-ils faire la différence entres les titres illégalement téléchargés sur ces réseaux P2P et ceux qui le sont légalement ? Des moyens technologiques complexes et surtout coûteux permettront cette distinction ? Dans tous les cas, et comme je l’ai dit précédemment, Internet est un support aux potentiels illimités, il y aura donc par évidence toujours des réseaux « pirates » qui permettront de les contourner (car il est clair que la technologie progresse plus vite que les mentalités).

    Ne serait-il donc pas plus rentable et profitable à tous d’enfin considérer Internet comme une opportunité, et au lieu de passer du temps et de dépenser de l’argent à débattre ou appliquer des réformes inapplicables, d’aller de le sens de ces technologies et une fois pour toute de prendre la décision d’avancer.

    Si l’ensemble des moyens financiers utilisés (gâchés) pour la mise en place de cette loi était utilisé pour participer aux financements de plate-formes légales et développant des modèles innovants, le monde de la musique serait, aujourd’hui, sur la bonne « voix ».

    Musicalement,

    David Spire
    Président-directeur général (Gkoot Electronic)

    Commentaire par Spire David (Gkoot) — février 26, 2009 @ 7:37


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